Lowland


Costume : Sombre, très stylé. Les humains sont créatifs et originaux d’un point de vue capillaire.

Parler : N’utilisent que le masculin, inversent les noms et les adjectifs, accent anglais. Exemple : « Le rouge tonneau contient le bon bière. »

Coutumes : Société où le meurtre résout la plupart des différends, mais où l’esthétisme et l’art doivent régner partout… y compris dans le meurtre.

Gouvernement : Aucun. La société est divisée en une multitude de clans rivaux qui se chamaillent des territoires de la cité.

Religion Principale : Complin, Goetha

Dirigeant : Quelques chefs de clans sont un peu plus influents.

Écu : Scorpion rouge à droite, symbole du clan noir à gauche. Sur fond noir à droite et rouge à gauche.

Clans importants: Les Droits, Les Sang-Trempés, Le Raï Compagnie, Le National Armée de Libération.

Capitale : Le territoire de cette nation n’est qu’une seule et immense ville en ruines.

Quelques détails :

On trouve des mentions de la Cité dans les plus vieux écrits du monde. Les mémoires, aussi loin qu’elles puissent remonter, butent systématiquement sur un fait : il y eut toujours, au nord du continent, un territoire vaste, entièrement couvert d’une Cité à l’architecture stupéfiante. À l’époque où les hommes arpentaient encore le monde vêtus de pagnes, où ils commençaient seulement de s’assembler en tribus et en clans, la Cité était déjà d’une taille impressionnante, y compris comparée aux Cités modernes telles Vérona ou Cathair.

Les sages les plus érudits ne connaissent rien de la fondation de la Cité. Et si la beauté des bâtiments et des œuvres d’art qui ornent chaque structure de la ville donne un indice de l’avancement des connaissances et du raffinement de la civilisation qui bâtit jadis ce tour de force d’ingénierie et d’urbanisme, si le territoire couvert par l’étalement urbain en dit long sur la prospérité de son peuple fondateur, son état de délabrement actuel révèle quant à lui que ces attributs se sont perdus et que le peuple mythique qui fit sa grandeur a depuis longtemps déserté la Cité.

Avant l’Insurrection, la Cité était pourtant encore une ville prospère et sans doute l’un des territoires les plus puissants du continent. Son économie, basée sur les tribus de guerres constantes, sur l’extraction des minéraux – rares partout ailleurs dans le monde – dont son sous-sol est littéralement farci ainsi que sur la puissance de ses industries qui, bénéficiant d’outils et de machines complexes léguées par les fondateurs de la Cité, surpassent en capacité et en production de même qu’en qualité ce que l’homme moderne arrive à créer, cette économie massive, donc, bien que florissante, n’en reposait pas moins sur l’emploi de main d’œuvre à bon marché, sur un quasi-esclavage. Les Sensiths, alors maîtres de la Cité, faisaient travailler, à la guerre comme dans les mines, de véritables hordes d’humains et d’autres Sensiths de castes inférieures. Nous ignorons encore à ce jour si les dirigeants de la Cité savaient déjà, avant que l’Insurrection n’éclate au grand jour, la transformation qu’avaient subie les Sensiths qui travaillaient au plus profond de la terre.

À cet égard, d’ailleurs, les suppositions vont bon train. Nul ne saurait dire avec assurance si les Sensiths envoyaient consciemment ceux que nous nommons à présent les Raïniths aux mines, et donc si le changement véritable de nature n’en fut un que de tempérament, ou si vraiment ces ouvriers devinrent noirs, de cœur et de peau… Toujours est-il qu’il vint un jour où les Raïniths, aidés des humains mécontents qui travaillaient avec eux jusqu’à l’épuisement pour un salaire de crève-faim, émergèrent des tunnels infinis qui sillonnent les soubassements de la ville, et provoquèrent une guerre civile, une véritable révolution dans laquelle les Sensiths furent pris à parti.

Partout, ils furent pointés comme les responsables de la misère des ouvriers. Une guerre ouverte leur fût déclarée, et elle fût violente. La ville se transforma rapidement en champ de bataille et la mort s’insinua partout. Mus par une colère innommable, les Raïniths et leurs alliés jetèrent littéralement les Sensiths et ceux qui les supportaient à la mer, exécutèrent sauvagement ceux qui ne purent fuir l’ultime bataille, et proclamèrent un gouvernement insurrectionnel. Ce gouvernement ne dura que quelques violentes années, au cours desquelles il se livra à des purges successives de supposés ennemis du régime. Tous ceux qui ne vouèrent pas une allégeance sans borne au « Du Peuple le Sauveur » furent exécutés, renvoyés aux mines ou encore affectés à la réfection des infrastructures. À l’aide de ces nouveaux esclaves, néanmoins, beaucoup fut accompli en peu de temps. On réorganisa les défenses de la Cité, on répara les magnifiques édifices qui en faisaient le fleuron. Mais cette relative harmonie ne devait pas durer.

On raconte qu’alors que les Raïniths commençaient à attiser la révolte, alors qu’ils sortaient en masse de leur sombre demeure de pierre, un tremblement de terre ébranla le cap gigantesque sur lequel trônait orgueilleusement la Cité. Ce cap, percé de toute part de galeries, s’effondra d’un bloc, et sépara pour jamais ce territoire du reste du monde. De cet événement singulier vint l’appellation de Lowland. Si la Cité fut miraculeusement préservée lors de cette chute, on n’en peut pas dire autant de son économie. Condamnés à n’emprunter que de difficiles routes escarpées ou la mer dès qu’ils souhaitaient rejoindre d’autres nations, les marchands de la Cité firent un à un faillite, submergés par les ravages de la piraterie et des coûts faramineux de la protection. De même, les peuples limitrophes virent leur défense facilitée par ce rift nouveau, et par conséquent ce pan important de l’économie de la Cité que constituait la guerre fut réduit à néant. L’approvisionnement en nourriture fut interrompu, et le gouvernement mis en place par l’Insurrection fut renversé du fait de son incapacité à assurer le maintien de la gloire d’antan.

Depuis, les guerres intestines ont complètement ravagé la Cité. Si son ineffable beauté subsiste tout de même à travers les décombres et si quelques fabriques ont été préservées, il ne reste plus rien de la grandeur de la Ville. Les factions qui y sont restées vivent de rapine, de piraterie ainsi que de quelques rares occasions commerciales avec les nations avoisinantes. Beaucoup de clans essaient encore d’asseoir leur domination sur les autres, mais aucun n’a eu jusqu’à ce jour la plus petite parcelle de victoire, tant par la combativité maladive des autres que par leur incapacité à maintenir leur propre cohésion.

Mentalité des habitants du Lowland :

Depuis l’Insurrection, les habitants du Lowland vivent dans des conditions impossibles. La nourriture est rare, les combats fréquents et sans pitié, le travail rude. Pour assurer leur subsistance, les Raïniths et les humains n’ont d’autre choix que de se regrouper pour défendre une bouchée de pain, un accès à une mine, quelques objets d’art, etc. Seulement, comme si tous se souvenaient de l’esclavage qui fut le leur, il n’est aucun natif du Lowland qui apprécie l’autorité. Toute personne qui se croit autorisée à donner des ordres ou à prendre des décisions pour le groupe se doit de pouvoir soutenir ses prétentions avec la force, car il est à prévoir qu’il soit éliminé rageusement dès qu’il aura le dos tourné. Ainsi les chefs de clans sont-ils régulièrement assassinés. De ce fait, ils sont toujours cruels et violents, car il leur faut régner par la terreur qu’ils inspirent.

Les Raïniths se voient comme les détenteurs du pouvoir légitime de dominer et, comme ils sont en nombre écrasant par rapport à la population humaine du Lowland, cette dernière est en ce sens constamment réduite à l’esclavage. Il arrive pourtant que des humains se hissent jusqu’aux hautes sphères de certains clans. Ce sont des humains qui, en général, n’ont plus rien d’humain vu la barbarie dont ils doivent faire la démonstration pour être acceptés des Raïniths.

Cependant, les habitants du Lowland étant nés dans la beauté indicible de l’ancienne Cité, ayant l’occasion de voir partout l’art mystique du peuple qui créa cette Cité, ont développé un goût prononcé pour l’esthétisme. Que ce soit dans leurs vêtements, dans la fabrication de leurs armes ou dans la manière qu’ils ont de tuer, la beauté est devenu un critère de jugement moral. Il n’est pas rare de voir un Raïnith acquitté d’un meurtre sauvage perpétré au grand jour et aux yeux de tous pour la seule raison du style qu’il y aura mis. Dans le même sens, un individu laid sera toujours réduit à ramper pour survivre. Le Lowland est sans doute l’un des plus vastes réservoirs d’artistes du monde connu.