Péninsule de Sacrès


Costume : Médiéval traditionnel

Parler : Aucun accent, bon vocabulaire.

Coutumes : Société hiérarchisée. Les Sensiths sont au sommet et sont respectés en êtres supérieurs par les humains.

Gouvernement : République. Seuls les Sensiths sont admis au Sénat.

Religion Principale : Soliman, Fatah

Dirigeant : Le Sénat. Les deux membres les plus influents sont Ilyrn Démi et Maeton Szod.

Écu : Croix ocre à angle avec une étoile à sept branches ocre à chaque point Cardinal. Sur fond brun rougeâtre.

Familles influentes: Démi, Szod, Bénor.

Capitale : Arana.

Quelques détails :

Avant l’arrivé des sensiths sur cette parcelle de terre, la Péninsule de Sacrès n’était qu’un vaste et impraticable marécage. L’Histoire raconte que lors de l’Insurrection de la Cité, les raïniths expulsèrent les sensiths et leurs alliés humains du territoire qu’ils détenaient depuis des dizaines de générations. Lors d’une ultime bataille, les forces loyalistes réussirent à contenir les insurgés suffisamment longtemps pour permettre à une flottille de rescapés de s’échapper par la Mer des Spectres. Ceux-ci touchèrent terre en un lieu situé aujourd’hui à la frontière qui borde le territoire de Saor et celui de la Grande Plaine. Ils tentèrent vainement de s’installer sur cette vaste terre plate et venteuse qui s’offrait à leurs regards éperdus, mais l’âpreté du climat ainsi que le manque de matériaux de base leur rendit la tâche ardue. De plus, un conflit armé éclata rapidement avec les hordes barbares qui peuplaient déjà cette terre ingrate. Aussi ces fugitifs durent-ils fuir souvent, ne furent jamais bien longtemps établis au même endroit et ne connurent que de rares périodes de tranquillité. Ce triste état dura jusqu’à la signature du Traité d’Amitié avec les figondes, qui assurait aux sensiths une protection ainsi qu’une terre à eux – la Péninsule de Sacrès – en échange d’une part importante de tout ce qu’ils pourraient produire.

Ce qui de nos jours peut sembler un consentement pur et simple à l’esclavage doit être remis en contexte : alors acculés à une inquiétude perpétuelle et sans doute à la mort, épuisés et sans ressources, les sensiths et leurs suivants durent sans aucun doute accepter ce marché avec d’autant plus de soulagement qu’il leur donnerait un répit certain avant de songer à une éventuelle reconquête de leur domaine d’antan. Toujours est-il que grâce à leur savoir-faire, ils drainèrent bientôt les marécages, les transformèrent en terres agricoles on ne peut plus fertiles et fournirent de ce fait aux figondes une nourriture plus que bienvenue en quantité suffisante pour que leur clan prospère et s’accroisse en nombre. Ceci, à un point tel que les figondes soumirent bientôt un à un tous les autres clans.

Mais l’ingéniosité des insulaires – c’est le nom qu’acquirent les sensiths et leurs suivants – ne s’arrêta pas à la simple prospérité de leurs voisins. Liés par le gourmand Traité d’Amitié et ne possédant pas encore d’armée digne de ce nom, les insulaires développèrent des techniques d’exploitation du territoire qui leur permirent d’augmenter leur production de nourriture de façon exponentielle. De ce fait, bien certains que les figondes ne disposaient pas comme eux des connaissances suffisantes pour exploiter la terre de cette façon, les insulaires continuèrent d’honorer leur part du marché tout en dégageant des stocks de provisions en quantité suffisante pour en faire le commerce.

À l’aide d’accords commerciaux judicieux et de manœuvres diplomatiques audacieuses, les insulaires réussirent bientôt à prospérer, à se placer avantageusement sur l’échiquier mondial, et à mettre sur pieds leur propre armée. Moins dépendants des figondes qu’eux ne l’étaient des céréales de Sacrès, les insulaires réussirent à forcer la réécriture du Traité d’Amitié, recouvrant de ce fait une indépendance un peu plus décente. Néanmoins, les relations diplomatiques avec les figondes sont toujours demeurées très cordiales et les bénéfices mutuels fort importants. À ce jour, la Péninsule de Sacrès fournit encore la majeure partie de la nourriture consommée dans la Grande Plaine, en plus de remplir une portion importante des greniers de la Cité de Vérona. Ce commerce crucial fait de la Péninsule de Sacrès un joueur majeur de l’économie du Bloc Médian.

Si les insulaires ont aujourd’hui abandonné le projet de reconquête de leur cité, ils n’ont pas pour autant perdus leurs grandioses idéaux. Fins stratèges économiques, on retrouve des insulaires dans la plupart des guildes et organisations du vieux continent, et le gouvernement de Sacrès fait tout pour s’assurer une domination économique sur ses adversaires commerciaux.
Mentalité des insulaires :

Pour un insulaire, le bien-commun passe avant toutes choses, y compris avant l’individu. Autrement dit, nul ne sait mieux ce qui est bon pour tous que le Sénat, à savoir, que ceux qui ont pour unique tâche de déterminer ce bien. Partant de ce principe, chacun, du plus humble fermier au plus riche marchand, sait qu’il contribue au bien-être de tous. Plus particulièrement, les sensiths voient au bon fonctionnement de la nation et ce, en dirigeant chacune des sphères de son organisation. Les classes laborieuses sont organisées par des sensiths, tout comme les classes marchandes, militaires et législatrices. Il va sans dire que le Sénat, instance suprême du pays, est uniquement composé par ceux-ci.

Cette domination pleine et entière des sensiths sur le peuple de la Péninsule ne se fait pas par la répression ou par la force : il s’agit d’un pouvoir qui leur est concédé en toute bonne foi et pour des raisons historiques (ce sont leurs connaissances qui ont mené Sacrès à sa prospérité actuelle) de même que métaphysiques (on considère les sensiths comme de lignée divine). De plus, les sensiths, en général, ne sont pas des maîtres cruels. Ils sont plutôt bienveillants, quoique hautains, à l’égard de leurs subordonnés. Cependant, il ne faudrait pas confondre cette commisération avec une véritable douceur ou sympathie. Il s’agit plutôt d’un simple principe de gérance : un esclave heureux est un esclave moins susceptible de se révolter et somme toute plus travaillant.

S’il est vrai que l’on trouve des sensiths et des agents insulaires dans la plupart des grandes organisations politiques et économiques du vieux continent, il ne faut jamais oublier que leur allégeance va la plupart du temps à Sacrès. Et de fait, la Péninsule tient à toutes les décades un immense symposium où les sensiths du monde entier s’assemblent afin de mettre en commun leurs avancements, leurs idées pour le futur, leurs craintes, leurs espoirs, leurs stratégies. Ainsi, donc, tout ce qui part de Sacrès retourne à Sacrès.

À cause de l’Insurrection et des malheurs qu’elle a apportée au peuple sensith, en plus de la perte de leur ancienne Cité, les insulaires vouent une haine farouche aux raïniths.