Tribus Massipis

 

Costume : Style amérindien. Référence à un animal totem. Si métamorphosé, costume d’animal.

Parler : Vocabulaire limité, prononciation primitive.

Coutumes : Société qui pratique le sacrifice, qui suit les rythmes lunaires et qui vénère des totems animaux.

Gouvernement : Tribus commandées par leurs trois plus anciens membres. Aucun gouvernement central.

Religion Principale : Iral, Mya

Dirigeant : Aucun

Écu : Aucun

Capitale : Aucune, même l’emplacement de leurs villes plus importantes dans les forêts n’est pas bien connu.

Quelques détails :

Les sages massipis prétendent que leur peuple est issu de la fibre même des forêts qu’il habite. Il fut une époque où l’on aurait même pu affirmer qu’il était aussi nombreux que les arbres qui soutiennent le toit épais de verdure qui le protège et le rassure. Cependant l’histoire récente des massipis n’a pas été de tout repos pour ces derniers.

Depuis toujours, le ramage des bois soupire la guerre à travers les terres fréquentées par les massipis. En effet, rares sont les tribus qui ne sont pas constamment en guerres avec les autres et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, pour ce simple fait que les massipis vénèrent des totems animaux et tentent de se comporter le plus possible comme ces derniers. Très territoriaux donc, ou alors facilement provoqués, les groupes massipis sont constamment en train de se disputer des parcelles de territoire, des proies potentielles, des outils, des fourrures, etc. Mais là ne s’arrêtent pas les raisons de ces incessants conflits. Il ne faut pas non plus oublier que cette vénération qu’ont les massipis pour les totems animaux s’accompagne de fréquents sacrifices. Ainsi les escarmouches deviennent-elles soit des réponses ou des prétextes à la capture de futurs sacrifiés. Et encore, si la violence n’avait eu que ces quelques causes, le nombre des tribus massipis n’aurait pas autant périclité. Mais voilà, les forêts prisées par les massipis sont également fréquentées par les terribles Krolosses, ces hommes bestiaux qui ne vivent que pour détruire. Les conflits entre ces deux peuples sont sans merci et toujours d’une cruauté sans borne, comme s’ils étaient mutuellement portés à détester l’essence même de l’autre.

Toutefois, un événement somme toute récent, bien que dévastateur, a montré un côté jusqu’alors inconnu du peuple Massipi. Il y a deux générations, des colons saoriens sont venus s’établir sur la côte du continent. La mésentente fut immédiate, et la guerre se déclara puis se répandit plus vite qu’un feu de brousse. On ignore qui frappa le premier coup, mais on comprit vite que les massipis n’avaient pas l’intention d’abandonner ce territoire sans se battre avec bec et ongles. Deux colonies furent fondées par le peuple de Saor – Port-Saor et Tyris – puis impitoyablement détruites par les assauts incessants des massipis et des Krolosses. L’organisation dont firent preuve les premiers étonnera quiconque connait un tant soit peu leur histoire et leur tempérament, ne serait-ce qu’en vertu de ce qui a été précédemment évoqué. Ce fait laisse concevoir que peut-être une alliance temporaire fut scellée entre les massipis pour faire face à l’envahisseur. D’ailleurs, les rares massipis ayant été capturés vivants ont depuis lors confirmé que tel avait été le cas. Sans doute la colonie de Port-Onil aurait-elle également subi le même sort que ses deux cousines sans la décision du Conseil des Cerfs de Saor d’abandonner la colonisation, forçant les colons laissés à eux-mêmes à négocier un cessez-le-feu avec les massipis. Ce traité, consigné nulle part, fut scellé par le don d’une vingtaine de vierges saorienne. Peu après leur sacrifice, les massipis se retirèrent dans les profondeurs du continent, ne donnant plus signe de vie. On les croyait disparus complètement, sans doute exterminés par les Krolosses, jusqu’à ce qu’ils reparaissent il y a peu, alors que des habitants de Port-Onil s’étaient risqués à s’aventurer vers le nord.
Mentalité des massipis :

La mentalité massipi ne saurait être généralisée, puisqu’elle varie en fonction du totem vénéré. Par exemple, une tribu vénérant le loup sera chasseresse, très portée sur la communauté, et sans doute l’individu qui en sera issu sera-t-il, lorsqu’isolé, couard et facilement apeuré. En revanche, une autre se dévouant à la vénération de l’ours sera calme, moindre en importance, mais prompte à la colère et impitoyable dans celle-ci. Fait commun à toutes les tribus, cependant, dans ce culte idolâtre de l’animal : il arrive que certains massipis, à travers une recherche spirituelle intense, acquièrent la capacité de se métamorphoser en la bête totémique. Lorsque cela se produit, il faut savoir que le Massipi perd sa personnalité propre. Il se laisse entièrement envahir par l’esprit vénéré, il ne sait plus ce qu’il sait habituellement, il est une tout autre personne. On raconte que c’est pour se protéger de ces esprits vengeurs, en plus de leur servir à communiquer, dans une plus large mesure, avec les esprits de la forêt, que les massipis sacrifient autant de sang impur car, paraît-il, ce dernier permet au Massipi qui s’est laissé posséder de reconnaître les siens. Par ailleurs, toutes les tribus massipis respectent et craignent les totems des autres. Par conséquent, les massipis qui arrivent à se métamorphoser sont toujours écoutés – pas forcément obéis – lorsqu’ils parlent et ce, même par leurs adversaires massipis.

Mais l’animal n’est pas la seule idole à être vénérée, et le peuple Massipi voue en ce sens un culte invétéré à l’ensemble des curiosités – les peuples colonisateurs diraient : des nuisances – de la forêt (champignons, reptiles, insectes, etc.). Cela ne signifie pas qu’ils peuvent prendre la forme de plantes ou d’insectes, mais plutôt qu’ils utilisent et conversent journellement avec ces derniers. Pour les massipis, ces êtres sont investis tout autant, quoique à un degré moindre, des esprits de la forêt, et donc participent à la protection et à la vie des massipis. Aussi les protègent-ils jalousement de toute utilisation abusive.

Autrement, toutes les tribus Massipis vénèrent les cycles de la lune, et leur vie commune est structurée par des rites et des célébrations calqués sur ses phases et ses motifs. L’astre lunaire est perçu comme la mère des tous les massipis et comme le guide qui les doit mener aux esprits qui leurs sont dévolus. Aussi aperçoit-on parfois des individus esseulés errant dans les bois, la nuit tombée, guidé par l’inspiration lunaire filtrant à travers le couvert des branchages, à la recherche du totem qui leur est échu.

Finalement, un autre trait est commun à toutes les tribus massipis, comme une sorte de langage partagé par tous, et destiné à communiquer l’intention de celui à qui l’on s’adresse, tout comme à protéger ou aider celui qui l’emploie. Ce dialecte n’est pas parlé ni écrit. Il s’agit plutôt d’un code de motifs et de couleurs à arborer sur son visage selon l’émotion qui parcoure ou l’intention qui anime celui qui se peint de la sorte. Nous donnons ici ce code détaillé, décrypté à partir des aveux des massipis capturés et soumis à la torture.

Code des peintures massipis : La peinture noire signifie que l’individu est en guerre. La peinture jaune indique qu’un guerrier est prêt à mourir. La peinture rouge signifie que le sang coulera. La peinture verte sous les yeux est employée pour demander aux esprits une vision meilleure la nuit. Autrement, une main noire sur la bouche veut dire que celui qui la porte a déjà tué un ennemi ; une ligne noire sur les yeux appelle à regarder ton ennemi en face. La ligne jaune se porte au-dessus du bandeau noir, la ligne rouge sous et/ou au-dessus du bandeau noir, le trait vert se porte sur le nez ou sous les yeux.