Grand Désert de Cymor


Costume : Style Perse antique. Eyeliner pour bien circonscrire les yeux.

Parler : Accent arabe

Coutumes : Le Sultan est vu comme un grand prophète. Le commerce structure la vie commune et détermine la notion de bien commun.

Gouvernement : Sultanat

Religion principale : Complin, Laudus

Dirigeant : Fahad Elghouti.

Écu : Croissant de lune noir orienté vers le bas avec une étoile à 13 branches dans l’ouverture, sur fond jaune.

Cartels Importants : Faiza Zohra, M’elem Behr

Capitale : Fen Shera’.

Conflit armé : Guerre ouverte avec les Figondes de la Grande Plaine.

Quelques détails :

Les Royaumes du Grand Désert de Cymor sont relativement jeunes, bien que des peuples sillonnent depuis la nuit des temps les étendues arides de cette terre de légende. En effet, les Royaumes n’ont vu à leur tête jusqu’à ce jour que quatre Sultans, ce qui porte – en comptant les périodes de turbulences et d’anarchie qui accompagne la mort d’un Sultan et la découverte de son successeur – leur âge à un peu moins de quatre cent ans. Comprendre la dynamique complexe qui anime cet énigmatique empire, selon ceci, c’est d’abord se remémorer l’histoire des quatre Sultans, qui chacun ajoutèrent leurs couleurs au tableau chamarré que sont les Royaumes.

Le Premier Âge.

S’il est un fait certain sur le Grand Désert de Cymor, c’est la fréquence des tempêtes de sable qui agitent sa surface. S’aventurer sur la route des oasis sans être préparé à affronter la violence de tels déchaînements de la nature, équivaut sans conteste à risquer sa vie. Cependant, une telle tempête est à l’origine de la fondation de la première Cité-Royaume en Cymor. Faisant rage depuis plusieurs semaines, Celle que l’on nomma la Colère des Démons avait déjà condamné au trépas des milliers d’hommes lorsque vint celui qui allait s’autoproclamer Sultan, le premier de tous, Saad Ghalib Nacer. Sorti du ventre du Désert, il promit aux hommes désespérés de les conduire vers un lieu où le Désert les épargnerait et où, même, il les rendrait tous riches et puissants. C’est ce qu’il fit. À sa suite, plusieurs tribus bravèrent la tempête et se mirent en marche vers leur destin. Peu survécurent. Les survivants, cependant, eurent enfin une vision paradisiaque : ils découvrirent la côte ouest du territoire cymurien, avec ses terres fertiles, ses arbres nombreux et sa faune luxuriante. Là, ils fondèrent Fen Shera’ – autrement dit : le désert fait art – et connurent une relative prospérité. Des lieux de savoir furent établis, le peuple apprit à écrire, il apprit à lire, il apprit à bâtir. En un mot, Saad Ghalib Nacer donna au peuple cymurien une histoire, une mémoire, une existence.

Le Second Âge

À la mort de ce dernier, son peuple se demanda comment il retrouverait un Sultan aussi éclairé, aussi aimé des dieux. Bientôt, certains commerçants opulents voulurent en imposer aux autres, voulurent forcer le reste de la populace à adopter leur vision des conditions les plus favorables au développement de la Cité. Beaucoup se ruinèrent à force d’essayer, aussi plusieurs cartels furent-ils mis sur pied en fonction d’intérêts commerciaux divers, et ces derniers se livrèrent une guerre économique sans pitié. La Cité connut alors des années sombres faites d’assassinats, de trahisons, de pénuries organisées, où le peuple, livré à la merci des rapaces et riches marchands renoua avec la souffrance et la précarité. Cette période de terreur dura jusqu’à ce qu’un explorateur, lui aussi venu du Désert, rapporte d’un peu plus loin sur la côte des vers à soie ainsi que des épices au goût raffiné. Cet homme se nommait Yasar Wahid Osman Al’Kamel. Il allait devenir le second Sultan, ainsi que le fondateur de la seconde Cité-Royaume de Cymor : Jawhar Kounouz.

Intriguées, les cartels de Fen Shera’ décidèrent d’exploiter ces denrées nouvelles. Guidés par Yasar Wahid Osman Al’Kamel jusqu’aux sources de ces trésors, ils y établirent une colonie qui produit tant et tant de richesses, que même l’humble citoyen vit ses biens accrus. Transportée par une telle découverte, galvanisée par les discours et la philosophie humaniste de Yasar Wahid Osman Al’Kamel, la plèbe acclama ce dernier et s’en fit un Sultan. Lors de son élévation, il prononça ces mots, depuis lors gravés dans la mémoire populaire : « Celui qui exploitera la terre sans faire travailler le peuple est destiné à disparaître. » Ces mots allaient asseoir le pouvoir du jeune Sultan, car ils se révélèrent aussi prophétiques que la promesse du premier Sultan. En effet, il s’avéra que les cartels qui exploitaient la colonie voulurent s’accaparer l’entièreté des profits générés. Plus puissants que l’autorité consentie au Sultan, ils procédèrent à des fraudes massives et s’assurèrent une domination totale de la ville naissante de Jawhar Kounouz. Le peuple, réduit une énième fois à la pauvreté et à la servitude se révolta. Sa colère, attisée par le Sultan et dirigée par lui vers les responsables de la crise, emporta les cartels et les réduisit à néant. Leurs richesses immenses furent confiées au Sultan pour qu’il les redistribue équitablement. On reconnut alors que celui-ci était Inspiré, et qu’il était le descendant légitime du premier Sultan.

Yasar Wahid Osman Al’Kamel procéda ensuite à de nombreuses réformes économiques afin de s’assurer que jamais plus les cartels ne pourraient priver le peuple de son moyen de subsistance. Il fit construire de nombreux marchés et bazars, et le commerce devint l’affaire de chacun. Ainsi, le second Sultan apprit à compter à son peuple, il lui enseigna qu’il pouvait s’assurer lui-même de sa survie, enfin, il lui donna une dignité, une fierté.

Le Troisième Âge.

Mais le Désert réservait d’autres misères au peuple cymurien, car de son sein émergea une autre Cité-Royaume. Un jour que Yasar Wahid Osman Al’Kamel recevait à sa cour les doléances des guildes, arriva un émissaire de la Cité de Barakah. Le choc fut brutal. Les cymuriens, convaincus d’avoir été les seuls à survivre à la Colère des Démons, découvraient que d’autres s’en étaient sortis sans suivre la voie prophétique tracée par le Sultan… Des relations diplomatiques s’établirent, mais les rapports demeurèrent aigres et tendus. Ne voulant pas s’abaisser à commercer avec ceux qui avaient certainement pactisé avec les Démons, les cymuriens s’enfermèrent dans leurs Cités-Royaumes et s’en tinrent à leur économie intérieure. Cette posture prostrée, cette fermeture d’esprit fit ralentir la vie des marchés et péricliter la santé des Royaumes. Pour achever la chute, on trouva un matin le Sultan Yasar Wahid Osman Al’Kamel baignant dans son sang.

Nombre de femmes se suicidèrent, incapables de vivre avec la douleur de n’avoir pas pu aimer suffisamment leur prophète pour le sauver ; des hommes pleurèrent jusqu’à ce que leurs yeux soient complètement desséchés ; on immola tant d’animaux que les pavés devinrent rouges ; partout enfin, on pressentait un événement terrible. De nouveau, des cartels s’assemblèrent et mirent la nation à feu et à sang, arguant tantôt que les suivants des Démons étaient responsables de la mort du Sultan, tantôt que la lignée des Sultan était tarie, tantôt qu’il fallait purger les Royaumes des traitres qui avaient osé porter la main sur un prophète authentique… Absorbée dans ce qui menaçait de dégénérer en guerre civile, les Cités-Royaumes commencèrent à se flétrir, on délaissa le commerce pour se tourner vers les luttes fratricides, et chacun suspecta l’autre d’avoir été l’instrument du malheur des Royaumes de Cymor. Alors, à la tête d’une armée gigantesque vomie des murs de Barakah, vint Abd El-Jabar. Il massa ses troupes tout autour du territoire cymurien, puis monta au sommet d’un minaret, et s’adressa au peuple désorganisé et terrifié qui rampait devant lui. Il leur dit, alors que ses soldats se lançaient à l’assaut : « Cymuriens ! Ne vivez plus dans la peur, car je vous donne aujourd’hui un destin ! » Débarrassés de la crainte de la souffrance et de la peur de mourir, les cymuriens se battirent comme des forcenés et mirent en déroute l’armée de Barakah. On raconte qu’alors, tous virent dans les yeux d’Abd El-Jabar le signe de l’Inspiration. Tous, d’un même souffle, comprirent les paroles du prophète. Il leurs avait donné les moyens d’assurer toujours la vitalité du commerce, il leurs avait donné les armes et le goût de la conquête. Tous à l’unisson, ils marchèrent sous la bannière de leur nouveau Sultan et asservirent Barakah. Ensuite, sous l’égide d’Abd El-Jabar, les cymuriens soumirent toutes les Cités-Royaume du Grand Désert, donnant par-là un autre sens aux paroles du second Sultan. Les peuples vaincus furent dépouillés de leurs ressources, et condamnés à racheter au gros prix les fruits de la transformation effectuée dans les principales Cités des Royaumes de Cymor. Le troisième Sultan fût donc celui qui donna au peuple l’assurance d’un travail infini : celui de la conquête, et celui de l’exploitation des nouveaux territoires, celui du marchand et celui du soldat.

La modernité

Le présent Sultan, Fahad Elghouti, fût nommé par Abd El-Jabar alors qu’il était sur son lit de mort. La légende prétend qu’alors que le Sultan rendait son dernier souffle, Fahad Elghouti lui aurait promis qu’il mènerait les cymuriens à la gloire éternelle. Véritablement Inspiré, le Sultan expirant confirma à ses suivants que le jeune Elghouti, alors âgé de dix ans, disait vrai. Il mourut en versant une larme de joie, et le nouveau Sultan fût immédiatement proclamé. Cet enfant vigoureux et visionnaire fit des merveilles afin d’accroître encore l’influence commerciale des Royaumes, quoique souvent à partir de manœuvres audacieuses et très risquées. À ce titre, beaucoup questionnent le rapt de Katàli, sœur de la Jadawin des Figondes, de même que la construction d’une flotte massive de navires de guerre alors que la route vers les nouvelles colonies est si coûteuse, ou encore le refus d’attaquer la Péninsule de Sacrès, alors qu’il est de notoriété publique qu’elle est la force et la faiblesse du Bloc Médian.
Mentalité des cymuriens :

Les cymuriens sont pénétrés de l’idée qu’ils sont voués à un destin grandiose. En ce sens, ils sont prêts à tout endurer, à persévérer en tout, à lutter contre la terre entière, pour peu qu’ils soient convaincus par la parole de leur prophète que c’est ce qui doit être fait. Et si le présent Sultan est quelque peu critiqué, cela se compense par sa cruauté sans pareil ainsi que par le peu d’hésitation qu’il met à faire punir les traitres ou les séditieux.

Par ailleurs, le commerce étant la valeur principale de ce peuple opportuniste, la démonstration de la richesse est toujours perçu comme un signe de droiture morale et de réussite. Ainsi les soldats, éléments clé de la société cymurienne, sont toujours vêtus de riches étoffes et d’armures étincelantes. Ce dernier trait, doublé de la certitude d’une destinée manifeste fait des cymuriens des ennemis redoutables à se faire, car ils n’ont aucune éthique. Ainsi, qu’on ne s’étonne pas de voir des mercenaires cymuriens, engagés pour conduire l’exploitation d’une matière précieuse dans un coin reculé du monde, tout raser – populations, faunes et flores – pour atteindre leur objectif. Les armées cymuriennes, en ce sens, ne font jamais de prisonniers, si ce n’est pour les revendre comme esclaves.

Il est de coutume lorsqu’un individu se présente qu’il indique de quelle famille il vient, qu’il relate les hauts faits de sa famille, qu’il indique ensuite l’immensité de sa fortune et de ses succès personnels, puis il mentionne un projet audacieux qui lui tient à cœur et il termine par un courtois bonjour. Il est très mal vu d’exagérer ou de mentir lors de ces présentations.

 

Un exemple de ces présentations typiquement cymurienne, que vous devriez pratiquer, est : Salutations, étranger. Tu es en présence de Yussif Khamel El’Djamal, de la redoutable lignée El’Djamal, qui prit part à la conquête de la cité de Barakah aux côtés du Sultan El’Jabar au troisième âge et qui domine le commerce de l’Oasis de Kebab. Je possède une terre sur laquelle j’ai élu domicile et ma fortune s’élève à plus de deux cents deniers apolliniens. Prochainement, je ferai l’acquisition des meilleurs esclaves de toute la colonie. Votre présence me remplit d’aise, que puis-je faire pour vous satisfaire.